Photo-thérapie

Photo & Estime de soi.

Écrit par Laetitia VIRGAL

Le 12/08/2022
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Dernier jour de cette 37ème année. Ayant débuté avec des autoportraits, j’ai eu à coeur de la clôturer avec une nouvelle série de photographies. Voici donc une nouvelle facette de ma singularité.

J’ai souvent été enfermée dans l’étiquette de la femme inaccessible ou la femme de caractère . Aujourd’hui, la maturité et l’expérience aidant, je comprends d’ou me viennent ces qualificatifs. Mes prises d’initiatives, mon sens de l’efficacité et mon aptitude relationnelle m’ont assimilé, malgré moi, à l’énergie yang (autrement dit incarnant le masculin). A l’aube de mes 38 ans, je réalise que ma féminité a parfois fini par se dissimuler pour faire face au monde patriarcal. Camouflant ma sensibilité pour ne pas souffrir des injustices, je me suis adaptée aux injonctions inconscientes de réussites et d’actions. A trop vouloir m’adapter au monde environnant, je me suis oubliée. Délaissant mon intérieur, j’ai érigé un bouclier, allant jusqu’à me couper de la vulnérabilité.

Pour éviter les regards insistants dans les rues Parisiennes, pour ne pas me sentir en insécurité, j’ai ignoré et caché mon corps, choisissant alors le contrôle .

Pour cette série de photos, j’avais envie de me relier à mon intimité.

Déroulé de la séance

En posant mon appareil photo sur le trépied, je pensais avoir la maitrise de ce qui allait se dérouler. Tableau d’inspiration effectué, lumière et angle de vue choisi, je m’apprêtais à être mon propre modèle avec la ‘maitrise’ des habitudes de travail et l’égo qui pense pouvoir gérer… La magie de la séance m’a finalement amené, comme toujours, vers l’inconnu. Se confronter à l’objectif, c’est sortir de sa tête pour se confronter au réel. Prendre conscience de ses propres expressions, postures, forces, mais aussi insécurités, ce sont tous ces aspects qui rentrent en compte dans la séance portrait . Comme j’aime le dire, la photographie ne ment jamais. Si l’on prête suffisamment attention à l’énergie qui se dégage d’un cliché, on devine l’état émotionnel du modèle, parfois même, certaines facettes de l’âme. Seule dans ma chambre, devant la fenêtre, j’ai retrouvé une partie de moi ; la douceur, la femme qui baisse les armes, l’intimité qui reste pudique. Pour arriver à cela, il a d’abord fallu me mettre en confiance. J’ai dû prendre conscience de mon corps et de ma gestuelle, J’ai d’abord réalisé mon malaise devant la caméra puis je me suis m’autorisée, petit à petit, à lâcher prise. Puisque je n’arrivais pas à le faire au départ, j’ai agrémenté le moment de musique, un mix de Sade m’a semblé correspondre au mood. Je me suis alors autorisée à bouger, danser, rigoler et jouer avec les poses. Parfois, je me trouvais maladroite, mais je me guidais avec douceur pour mieux rentrer dans la séance. Au moment de trier les photos, j’ai porté un regard plus doux sur moi-même que celui que je porte actuellement. Je regarde habituellement mon corps avec critique, lorsqu’il manque d’exercice, pointant du doigt ce qui ne va pas. Cette fois, j’apercevait les irrégularités mais je les accueillaient comme faisant intégralement partie de l’esthétique globale. J’ai décidé de ne presque rien retoucher en dehors des couleurs, contrastes et du grain de peau pour le visage. Se voir au réel, c’est se célébrer et s’accepter.

En regardent les photos, j’ai vu une femme qui, certes est encore en devenir, mais porte une certaine sagesse. J’ai regardé mon calme, et cela m’aide à déconstruire l’image de guerrière qui me poursuit.

La photo, ce puissant miroir, aide à renouveler le regard que l’on porte sur soi, et participe à une profonde estime de soi.

La douceur, la vulnérabilité, le calme et l’inaction, c’est aussi moi. Bienvenue à ma nouvelle année de vie. Merci à moi même, merci à mon corps, merci à mon âme.

Illustrez votre Singularité. BySamaké

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